Disruption dans la justice (France Culture)

…. avec Antoine Garapon et Jean Lassègue

C’est du lourd, faut s’accrocher pour saisir des trucs, mais en gros, l’idée c’est que si ce sont les algorithmes qui rendent la justice, qui va contrôler les algorithmes… c’est ni vous ni moi, mais uniquement les informaticiens qui auront accès au code… Tant que c’est sur du papier tu peux consulter les textes, te les faire expliquer par des gens qui savent mieux les lire que toi… Mais quand c’est du code informatique … ?

Tout ça est dit dans un langage de salon qui arrondit tellement les angles que la tragédie qui vient semble gentillette, mais en vrai ça fout vraiment les trouilles…

 

 

Antoine Garapon, Magistrat et secrétaire général de l’Institut des Hautes études sur la justice et Jean Lassègue, chercheur au CNRS. Ils font paraître Justice digitale: Révolution graphique et rupture anthropologique paru aux PUF.

 

Dans l’actualité des idées : la justice en mutation 

Au début de l’année, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a dit vouloir adosser la réforme de la justice sur le numérique. Une révolution technologique et symbolique déjà en cours, selon les auteurs de « Justice digitale », aux PUF.

Il y a un blues au sein de la profession des juristes qui vient d’une perte d’autorité du texte de loi. Aujourd’hui, ce n’est plus la loi mais les logiciels qui en prévoient l’application qui tendent à primer.” Jean Lassègue

Derrière un sous-titre accrocheur et provocant, « accepteriez-vous d’être jugés par des algorithmes ? », le magistrat Antoine Garapon et l’épistémologue Jean Lassègue réfléchissent ensemble à ce que la révolution technologique fait à la justice.

Avec la révolution numérique, la jurisprudence n’est plus un bien commun directement accessible à tous les citoyens. Traitée par Big Data, elle doit passer par le biais des start-ups informatiques privées et capitalisées qui cherchent leur profit.” Antoine Garapon

A partir d’un constat : la pratique traditionnelle de la justice est profondément bouleversée par la révolution numérique. Les auteurs constatent aussi que nombre de juristes ressentent « l’impression confuse que la révolution numérique remet fondamentalement en cause tout ce qu’ils ont appris, leur identité professionnelle et, pire, la légitimité même du droit ».

La Legaltech provoque une augmentation massive des inégalités au niveau macro. Elle provoque l’individualisation du traitement juridique à travers la création de start-ups informatiques spécialisées.” Jean Lassègue

A tort ou à raison ? En quoi, pour reprendre leurs mots, « la justice digitale est le théâtre d’un affrontement entre deux manières de produire du sens et d’organiser la coexistence humaine » ?

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