Retour sur le cortège de tête dans la “Marée populaire”

Trouvé ça sur Fesse Bouc, c’est intéressant, discutable bien sûr… Aussi ,une copine m’a dit “Si il n’y a personne derrière, il n’y a pas de cortège de tête…”

Action Antifasciste Paris-Banlieue

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Le samedi 26 mai était organisée la « Marée populaire » contre Macron et sa politique, initiée par une soixantaine d’organisations politiques, syndicales et associatives. A l’occasion de cette manifestation, nous avons répondu à l’appel de La vérité pour Adama pour former un cortège de tête ayant pour but de mettre en avant les revendications des quartiers populaires. Racisme d’Etat, violences policières, gestion coloniale des quartiers, rapport à la justice et à la prison, mais aussi rénovation urbaine et mal-logement, chômage de masse, éducation au rabais, accès aux services publics, parole et place des habitant.e.s non-reconnues, discriminations et rapports de domination en tout genre…

Le fait d’imposer ces mots d’ordres, par ces méthodes, qui plus est dans cette manifestation, était nécessaire et témoigne d’une gestion temporelle et spatiale de la conflictualité. Pour nous, que soient présent.e.s des familles de victimes de violences policières, des collectifs de quartiers, de migrant.e.s, de foyers et de luttes anti-impérialistes est une démarche subversive au même titre que des milliers d’autonomes en k-way noir prenant de court les autorités.

Concernant un éventuel fourvoiement des origines du cortège de tête ainsi qu’un autoritarisme dans son organisation, ceux-ci sont infondés dès lors que le cortège de tête a pu être une stratégie imposant des mots d’ordre et des forts degrés de conflictualité au sein de manifestations dans lesquelles les différentes composantes ne s’y sont pas préparées. Cette composition différente du cortège ainsi que cette organisation ont permis de mettre en échec l’intervention policière, par sa solidarité avec l’ensemble du cortège. Cette réponse a permis à la manifestation de poursuivre son objectif initial, tout en ne mettant pas en sourdine les revendications des collectifs de quartiers et en n’imposant pas de pratiques conflictuelles aux familles de victimes ; familles de victimes qui subissent la violence de l’État quotidiennement à tous les niveaux de leur vie et qui n’ont aucune leçon à recevoir en matière d’autodéfense populaire de la part des militant.e.s.

Notre vision du cortège de tête est celle d’un espace politique où différentes franges, de Beaumont-sur-Oise à la fac de Saint-Denis en passant par les postes d’aiguillage de la gare de l’Est, peuvent cohabiter et user de méthodes variées. Une partie de la gauche radicale blanche veut se réserver le luxe d’imposer ses revendications dans des événements politiques, mais critique quand des militant.e.s de quartiers invisibilisé.e.s emploient les mêmes méthodes. Car oui, l’avantage unanime du cortège de tête est de pousser à la visibilité des luttes occultées. C’est un véritable outil politique que l’autonomie francilienne doit mettre au profit des diverses luttes.

Notre démarche se situe dans une réelle union politique avec des collectifs de quartiers populaires, loin des alliances par intérêt ne traitant qu’en surface le racisme structurel et les rapports post-coloniaux. Notre antiracisme n’est pas moral, c’est pour cela que nous voulons mettre nos méthodes et nos espaces au profit des réseaux qui ne bénéficient pas de relais politiques, mais qui ne sont pas des déserts politiques contrairement à ce que certain.e.s croient. Nous savons que « les slogans ne tombent pas du ciel » et ce que nos aîné.e.s nous ont transmis comme héritage de combat. La convergence des luttes ne doit pas se faire que dans un sens. Les militant.e.s autonomes et les syndicalistes ont reçu le soutien de collectifs de quartiers lors de Nuit Debout en 2016 et dans les universités cette année. En retour, les seul.e.s à s’être déplacé.e.s à Beaumont le 28 avril sont les militaires, pour mettre une pression psychologique sur les habitant.e.s du quartier d’Adama Traoré, dans la pure tradition coloniale française.

C’est dans ce contexte que nous appelons toutes les franges du « mouvement social » à agir pour des perspectives d’organisation communes, de fond et sur le long terme. Nous appelons très concrètement à se rendre dès demain samedi 16 juin à la Banane pour soutenir la famille de Lamine Dieng et le Collectif Vies Volees (Lamine DIENG : 11 ans déjà !), à soutenir le 30 juin Hadama Traoré et son mouvement La Révolution est en marche National (LA RÉPUBLIQUE OU LA PRISON), et à se rendre le 21 juillet à Beaumont-sur-Oise (#MarcheAdama 2 ans de lutte pour la Vérité et la Justice) pour les deux ans du meurtre d’Adama Traoré par les gendarmes, pour matérialiser notre soutien à la famille Traoré et aux habitant.e.s de Boyenval qui subissent la répression judiciaire et carcérale.

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